Distillation

Avertissement

En France,la distillation des alcools est rigoureusement interdite aux particuliers, même pour usage personnel !!! La législation fiscale française réglemente la distillation de façon très stricte; seuls les professionnels déclarés et contrôlés par le fisc sont habilités à distiller de l’alcool. Pour les particuliers, la possession d’un alambic ne peut servir qu’a produire des huiles essentielles ou à faire des parfums, destinés à un usage personnel.Ma responsabilité ne peut être en aucun cas engagée si vous avez décidé de contrevenir à la législation.

Principes

La distillation est un procédé qui permet de concentrer la teneur en alcool d’un mélange résultant d’une fermentation alcoolique, la vinification ne permet pas d’obtenir des teneurs en alcool supérieure à 15°. La méthode est assez simple; les mélanges obtenus par les procédés de vinification classiques contiennent certes, de l’alcool, mais aussi beaucoup d’eau et des composés aromatiques, de plus, les alcools contenus ne sont pas tous souhaitables, une fois concentrés; c’est le cas de l’alcool méthylique (ou méthanol) qui n’est pas consommable, du fait de sa toxicité en cas d’ingestion.
Chacun des éléments constitutifs du mélange résultant de la vinification possède un point d’ébullition qui lui est propre, le point d’ébullition d’un corps est la température à laquelle ce corps se transforme en vapeur de façon optimum, le point d’ébullition de l’eau est de 100°C, c’est la température ou l’évaporation de l’eau est optimum, ce qui ne veut pas dire qu’en dessous de cette température, l’eau ne s’évapore pas, mais l’évaporation se produit de façon bien moindre.
Les constituants qui nous intéressent sont l’alcool éthylique que l’on veut concentrer, l’alcool méthylique et l’eau que l’on désire éliminer au maximum.
Les points d’ébullition de ces corps sont:
– alcool méthylique (CH3OH): 65°C
– alcool éthylique (C2H5OH): 78°C
– eau (H2O): 100°C
Il faut savoir que ces températures sont valables pour des éléments qui sont à la pression atmosphérique, au niveau de la mer, si vous habitez en altitude, la température d’ébullition baisse, et si vous utilisez une cocotte-minute, elle augmente, c’est une loi physique connue sous le nom de loi de Clapeyron.
Pour conduire une distillation correcte, il convient de faire monter la température du moût juste au-dessus de 65°C pour éliminer le méthanol, puis de faire grimper la température un peu au-dessus de. 78°C pour récupérer le maximum d’alcool éthylique.
L’utilisation d’une cocotte-minute est à proscrire absolument, car il est alors impossible de savoir quel composé on obtient, et le résultat peut être dangereux notamment si il contient beaucoup de méthanol; la règle des anciens était de jeter la « tête » de distillation, c’est à dire, ce qu’on obtenait en premier lors de la montée en température, ce qui revenait à éliminer une grande partie du méthanol.
La bonne méthode consiste à réaliser une distillation à une pression proche de la pression atmosphérique, pour ce faire, il faut utiliser un bouilleur débouchant sur une colonne de distillation et un condenseur de forte section, la pression à laquelle les vapeurs sont soumises est alors très proche de la pression atmosphérique, et on peut ainsi bien mieux contrôler ce qu’on obtient.

Réalisation

Voici un exemple de réalisation d’appareil de distillation:

Tous les tubes sont en cuivre, et l’ensemble est brasé, les tubes 8-10 et 6-8 sont au standard classique et se trouvent dans n’importe quel magasin de bricolage, les autres tubes sont en dimensions impériales (en pouces) et proviennent d’installations frigorifiques vous pourrez les trouver chez un frigoriste industriel ou sur internet. Si vous trouvez des tubes de cuivre de dimensions approchantes au standard classique, ça doit marcher de la même façon.
L’obturateur équipé d’un tube de 6-8 situé en haut de la colonne est destiné a recevoir un thermomètre à affichage digital destiné a contrôler la température des vapeurs, c’est un thermomètre du type « pique roti » qu’on trouve chez Sélectronic (référence 13 0122-4).
Le « bouilleur » est ce qu’on appelle, en patois picard (mes origines ch’ti qui reviennent), une Buire, c’est à dire une canne à lait d’une contenance de 25 litres, comme on en trouvait auparavant dans les fermes, c’est en alu épais d’au moins 4mm et ça comporte un couvercle également en alu, à emmanchement cônique (on en trouve dans toutes les brocantes de village). La fixation de la tôle inférieure de la colonne se réalise sur le couvercle par boulonnage.
Le condenseur est constitué de 2 tubes montés coaxialement entre lesquels passe un film d’eau froide, cette eau froide est amenée par le tube de 8-10 situé en bas de la colonne, et l’eau ressort par le tube de 8-10 situé en haut de la colonne. Les tubes étant de diamètre respectables présentent une surface d’échange thermique suffisante pour condenser les vapeurs.
A noter que les tubes de 8-10 traversent la colonne et créent localement une condensation des vapeurs, les vapeurs des produits dont la température d’ébulition est la plus élevée seront, à cet endroit, plus vite condensées que les autres produits vaporisés, favorisant ainsi le passage de vapeurs plus chargées en alcool dans la colonne.

Ici photo de ce qu’on appelle une buire dinch’nord et photo d’un ensemble terminé

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